Organisme de formation : opter pour un jeux sérieux – serious game ?

jeu sérieuxEffet de mode pour certains, avancée technologique et/ou pédagogique pour d’autres, le jeu sérieux est encore loin de faire l’unanimité au sein des organismes de formation et des entreprises. Un choix stratégique mais pédagogique avant tout, qu’il faut décortiquer avant tout passage à l’acte. Cet article met en avant les diverses questions que peut se poser un responsable pédagogique, un formateur, avant de mettre en application un tel projet.

INTRODUCTION
DECRIPTAGE DU JEU SERIEUX
a. Définition du jeu sérieux
QUELS AVANTAGES ?
a. Droit à l’erreur
b. Chacun à son rythme
c. Collaboration
d. Motivation
QUELS INCONVENIENTS
a. Choisir un jeu déjà existant
b. Manque de lien
c. Contraintes matérielles et logistiques
d. Le coût
UN JEU SÉRIEUX? OUI MAIS POUR QUOI ?
a. Pour cibler la génération Y
b. Pour faire comme les autres
c. Pour la notoriété
d. Pour répondre aux attentes des entreprises
e. Pour proposer de la distance
f. Pour innover
g. pour rester compétitifs
h. Pour développer de nouvelles compétences au sein des organismes
CONCLUSION

INTRODUCTION

Les jeux sérieux sont présents depuis de nombreuses années principalement dans le domaine éducatif. Leur première utilisation remonte au milieu des années 60 et se résumait à l’utilisation de jeux de cartes, jeux de plateau et jeux de rôles. Ces jeux sérieux ont surfé sur une vague faisant partie d’un courant ludo-éducatif jusqu’à la fin des années 90. A partir de la première moitié des années 2000, un autre courant lié au numérique, lance le concept du Serious Game ou Jeu Sérieux, en prenant comme principal support le jeu vidéo. Jusqu’à présent et ceux même avant les années 2000, l’un des jeux sérieux les plus utilisés par les professionnels, étaient le simulateur de vol (utilisé dans l’armée et les vols commerciaux) ou simulateur de conduite automobile pour s’entraîner à l’obtention du permis.

Au cours de cet article, nous verrons dans un premier temps, l’intérêt de mettre en place le jeu sérieux dans les pratiques pratiques pédagogiques, c’est-à-dire les avantages de ce concept et la valeur ajoutée pour l’apprenant et l’organisme de formation. Dans un deuxième temps, nous verrons les freins qui peuvent émerger dans un projet de cette envergure. Enfin, dans un troisième temps, nous nous questionnerons sur le but et l’importance de proposer ou non un jeu sérieux aux apprenants. Nous clôturerons cet article, en donnant une orientation à l’importance ou non de faire appel à cette pratique.

DÉCRYPTAGE DU JEU SÉRIEUX

décryptage

a.      Définition du jeu sérieux

Il existe de nombreuses définitions de ce concept. En voici 2 qui me semblent refléter parfaitement le jeu sérieux. La première de David Michael et Sande Chen au sujet du jeu sérieux au sein de l’éducation et la deuxième définition tirée de Wikipédia.

« Tout jeu dont la finalité première est autre que le simple divertissement. »[1]

« Un jeu sérieux (de l’anglais serious game) est une application informatique qui combine une intention sérieuse, de type pédagogique, informative, communicationnelle, marketing, idéologique ou d’entraînement avec des ressorts ludiques. De manière synthétique, un jeu sérieux englobe tous les jeux de société, jeux de rôle et jeux vidéo qui s’écartent du seul divertissement. » [2]

Les jeux sérieux s’utilisent aujourd’hui dans différents domaines tels que[3] :

            • Éducation
            • Formation professionnelle
            • Santé
            • Publicité
            • Communication
            • Politique
            • Humanitaire
            • Défense
            • Religion
            • ..

A travers ces définitions, nous comprenons nettement que l’objectif d’un jeu sérieux est de rendre attractif ce qui est justement « sérieux », en employant des moyens interactifs.

Bénéficiant d’un véritable buzz médiatique, le jeu sérieux attire de nombreux organismes de formation pour son influence auprès du public et pour son côté innovant. Cependant, nombreuses sont les questions qu’un organisme de formation doit se poser avant de passer le cap, sans pour autant oublier que le jeu sérieux, doit comme tout outil numérique rester au service de la formation. On ne conçoit jamais une formation, un module ou une séquence autour du support choisi, mais en fonction des objectifs pédagogiques, de l’intention que nous avons envers les apprenants.

On constate d’après nombreuses études, que le côté ludique peut parfois être un excellent levier de motivation pour l’apprenant. Le choix de la séquence[4] d’une formation qui sera sélectionnée pour être conçue sous forme de jeu sérieux, doit se faire avec pertinence. En effet, la motivation des apprenants reste le nerf de la guerre pour faire face au décrochage, à l’ennui ou au manque d’intérêt. Malgré l’interactivité qui peut exister dans un dispositif tel qu’un MOOC, le décrochage reste une réalité.

Le jeu sérieux ne se positionne pas comme le successeur des « jeux pédagogiques » utilisés jusqu’à la fin des années 90, mais plutôt comme une alternative aux différentes modalités pédagogiques qui existent au sein de la formation professionnelle. Par exemple, une séquence sous forme de jeu sérieux, peut tout à fait prendre place dans une formation 100% présentiel ou peut être un excellent compromis dans une formation hybride. Un apprenant face à son ordinateur, sa tablette ou son smartphone, « jouant » à un jeu sérieux, n’est pas toujours synonyme de « distance ». Par conséquent, un module de formation comprenant un jeu sérieux, peut faire partie d’une formation enrichie, améliorée ou allégée, selon le modèle Compétice.

Un organisme de formation qui opte pour cette solution innovante, doit être conscient que ce choix comporte des avantages et des inconvénients à différents niveaux. Que ce choix se fasse pour des raisons stratégiques, politiques, financières, humaines… il sera important de poser chaque critère et d’en évaluer les conséquences.

QUELS AVANTAGES ?

1.      Droit à l’erreur

Nous avons tous, ou presque un jour joué à un jeu vidéo. Nous avons tous raté un niveau. Dans la plupart des cas, nous avons repris les commandes (manette ou clavier), afin de parvenir au niveau suivant. Personne ne nous a jugé. Nous avons recommencé autant de fois que nous avons pu. Concernant le jeu sérieux, la situation va au-delà, comme par exemple :

          • Un espace d’expérimentation
          • Un espace d’immersion
          • Il permet la répétition
          • Il place l’apprenant hors Zone de confort et l’invite à la réflexion (ZPD)
          • Reconstruit autant de fois qu’il faut différentes hypothèses pour les tester
          • Un espace d’évaluation

Ce droit à l’erreur donne à l’apprenant une plus grande confiance en lui. Il cherchera les diverses possibilités qui le feront avancer au cours du jeu (expérimentation). Il analysera lui-même ces diverses situations après les avoir testé. Ce droit à l’erreur lui montre par conséquent le chemin à suivre. Malgré cela, l’apprenant doit avoir accès à des informations qui lui permettent de se situer par rapport à la compétence qu’il doit acquérir (évaluation). Le jeu sérieux peut l’informer en temps réel (de son score), mais cela reste avant tout le rôle du formateur.

2.      Chacun à son rythme

Droit à l’erreur signifie aussi prendre son temps. Recommencer autant de fois que possible, permet à l’apprenant d’aller à son rythme. Cette situation autorise un meilleur accompagnement et laisse le soin au formateur de présenter à l’apprenant les points à améliorer.

De plus, avoir la liberté d’aller à son rythme signifie que ceux qui ont terminé ne sont pas obligés d’attendre les autres apprenants.

3.      Collaboration

Un jeu sérieux peut se pratiquer seul ou à plusieurs (mode multi-joueurs). Cette situation facilite la collaboration entre apprenants. En effet, l’équipe entière est motivée pour parvenir à ses fins. Ces conditions sont également propices aux conflits sociocognitifs. Il est important de consacrer un temps pour un débriefing en équipe (en compagnie du formateur), en fin de séance de jeu.

4.      Motivation

Le jeu sérieux peut être un excellent levier de motivation. Il a un impact positif sur la relation qui se construit entre lui et l’apprenant. Plus le jeu est adapté aux vraies situations que rencontre ou pourrait rencontrer l’apprenant et plus ce dernier est motivé. Mais qu’est ce qui le motive réellement ?

          • Acquérir une nouvelle compétence
          • Vérifier son niveau (se situer)
          • Passer à un niveau supérieur pour acquérir d’autres compétences (apprendre plus)

Quel que soit son état d’esprit, l’apprenant intègre et s’approprie le savoir qui lui dispense le jeu sérieux.

QUELS INCONVÉNIENTS ?

Comme tout outil d’apprentissage, le jeu sérieux peut avoir des limites. Ces limites sont surtout d’ordre technique et peuvent faire du jeu sérieux un outil contre-productif. Ces inconvénients peuvent être contrés si dans la mise en place de cette solution, ces points sont anticipés.

1.      Choisir un jeu déjà existant

Le marché regorge de jeux sérieux déjà conçus. Vous pourriez trouver un jeu sérieux qui corresponde à la thématique que vous souhaitez dispenser. Cependant, répondra-t-il à 100% à votre intention pédagogique ? Permettra-t-il aux apprenants d’atteindre l’objectif que vous avez défini en amont ?

Choisir un jeu déjà existant permet certes une économie financière non négligeable, de bénéficier d’un jeu « sérieux » plus rapidement mais il ne sera pas une valeur ajoutée à l’organisme, du fait qu’il ne soit pas une de vos créations. L’intérêt pour un organisme de formation de concevoir ou de faire concevoir son propre jeu, réside dans le fait qu’il maîtrise la chaîne de conception de ce dernier du début à la fin. Par conséquent, l’organisme de formation doit tenir compte :

          • Des méthodes d’apprentissage
          • De la séquence à transformer ou à concevoir en jeu sérieux
          • Du profil des apprenants
          • Du profil du(des) formateur(s)
          • De l’objectif pédagogique
          • De la compétence à atteindre

Ces choix se feront principalement en équipe, car il serait extrêmement difficile de confier ce projet à la même personne.

2.      Manque de lien

Malgré l’intérêt que le jeu sérieux peut porter à la pédagogie, le formateur est et restera l’élément central dans la réussite de l’activité. Les apprenants doivent donc voir le lien entre le jeu et le formateur. Ce manque de lien peut avoir diverses origines :

          • Le formateur n’accompagne pas les apprenants pendant le déroulé du jeu
          • Le formateur ne fait aucun débriefing à la fin de l’activité
          • Le formateur ne connait pas ou n’a jamais testé le jeu et toutes ses possibilités

Le formateur est le représentant de ce qu’il transmet, il est donc important qu’il sache faire le lien entre les apprenants et son support pédagogique.

3.      Contraintes matérielles et logistiques

Il va de soi qu’un organisme de formation faisant appel à la solution jeu sérieux, soit équipé de matériel correspondant ainsi que d’un environnement adapté. Malgré cela il peut être confronté à :

          • Manque de postes informatiques
          • Des postes informatiques peu adaptés en terme de puissance
          • Un réseau mal configuré
          • Des mises à jour système ignorées
          • Manque de matériel périphériques (casques, micro, lunettes de réalité virtuelle…)
          • Un environnement peu adapté (bruyant, manque de place…)

4.      Le coût

Il existe divers degré d’acquisition ou d’utilisation d’un jeu sérieux. Nous les verrons en détail un peu plus loin. En attendant, voici une liste des choix qui peuvent être faits :

          • Le jeu sérieux gratuit qui se trouve sur internet
          • Le logiciel payant qui permet de concevoir son propre jeu sérieux (sans développement informatique)
          • Le jeu sérieux conçu par une entreprise externe, sur devis
          • Le moteur de jeu qui permet de concevoir le jeu soi-même, comme Unity ou Unreal Engine par exemple (développement nécessaire en C# ou JavaScript).

UN JEU SÉRIEUX, OUI MAIS POUR QUOI ?

pour quoi un jeu sérieux

C’est la première question que l’organisme de formation pourrait se poser. C’est le point de départ d’un projet qui verra ou non le jour. Ci-dessous, une liste de points (liste non-exhaustive) qui peuvent lors d’une réunion émerger et donner suite ou non au projet :

1.      Pour cibler la génération Y

Il semble que la « génération Y » ait plus de facilité et d’appétence à se former grâce aux jeux sérieux. Cependant, lors d’un recrutement de stagiaires, on ne choisit pas les futurs apprenants sur leur date de naissance mais bien sur leur projet de formation.

2.      Pour faire comme les autres

Faut-il à tout prix faire comme les autres ? Est-ce un phénomène de mode qui finira bien par passer ? Ces questions peuvent certes émerger, mais elles ne doivent pas diriger le choix final. Se renseigner, regarder autour de soi ce qui se fait (Benchmarking), est une étape qui donnera aux organismes de formation de nombreuses informations sur l’importance du projet.  Observer également ses propres pratiques, la philosophie de sa structure, la nature des formations proposées ainsi que la stratégie de l’entreprise sont des points à ne pas omettre, qui informeront le chef de projet si le jeu sérieux correspond à l’image de l’organisme.

3.      Pour la notoriété

Qu’est ce qui fait la notoriété d’une entreprise ? Son sérieux, son SAV, son personnel, son innovation… ? La notoriété d’une entreprise se joue tous les jours et à tous niveaux. C’est le degré de qualité perçu par les apprenants, prescripteurs, clients. Intégrer le jeu sérieux dans des pratiques pédagogiques peut apporter une réponse aux apprenants et par conséquent contribuer à la notoriété de l’organisme de formation. Toutefois, si le jeu sérieux ne répond pas aux attentes des apprenants ni à l’objectif pédagogique, l’effet peut être désastreux en termes d’image et de finances.

4.      Pour répondre aux attentes des entreprises

Que la formation soit obligatoire ou non, qu’attend réellement une entreprise d’une formation ? Un bon prix, accroître les compétences de ses collaborateurs, des formations courtes, de la distance… ? Mettre en place un jeu sérieux pour plaire aux entreprises sera peut-être une bonne solution au départ. Encore faut-il être sûr que le jeu sérieux puisse s’adapter aux formations proposées.

5.      Pour proposer de la distance

Le jeu sérieux n’est pas synonyme de distance, il se fait plutôt en présentiel. Il est un outil au service de la formation et la présence du formateur est vivement conseillée. A l’inverse, rien ne doit empêcher l’apprenant de pouvoir y accéder à d’autres moments de la formation, notamment à distance (depuis son domicile, son lieu de travail, les transports…).

6.      Pour innover

Compléter une formation multimodale ou hybride par une activité jeu sérieux, peut être de l’ordre de l’innovation. En effet, un concepteur peut décider pour innover, de scénariser une séquence de formation sous forme de jeu sérieux car ce dernier vient renforcer l’acquisition d’une compétence.

7.      Pour rester compétitifs

Un organisme de formation est comme toute structure confrontée aux lois du marché. La compétitivité d’une entreprise est une « action » de nature commerciale issue d’une stratégie. Mettre en place un jeu sérieux peut faire partie de la stratégie, encore faut-il que le jeu soit en adéquation avec la(les) formation(s) proposée(s), c’est-à-dire qu’il réponde à un objectif pédagogique.

8.      Pour développer de nouvelles compétences au sein des organismes

En fonction du choix de jeu sérieux que fera l’organisme de formation, il faudra que le responsable pédagogique se forme à la conception de cette activité. Comme nous l’avons vu plus haut, il existe 2 solutions qui font appel à des compétences spécifiques. Nous verrons un peu plus loin quelques exemples de ces solutions et des liens web correspondants.

La première solution consiste à apprendre à concevoir un jeu sérieux à partir d’un logiciel qui n’a pas besoin de code informatique, mais qui nécessite d’en connaitre le fonctionnement (réaliser un story-board, construire les séquences du jeu, choisir des personnage en leur attribuant des émotions en fonction des situations, exporter le résultat sur une plateforme pédagogique au bon format…etc). Bien entendu, avant d’opter pour cette orientation, il faudra calculer le retour sur investissement.

La deuxième solution oblige l’organisme de formation à former ou à embaucher une personne maîtrisant le codage (langage C# et JavaScript) et à des « moteurs » de conception de jeux vidéo. Cette personne sera dédiée à la conception du support en collaboration avec l’équipe pédagogique. Cette deuxième solution serait plus adaptée à un organisme qui souhaite concevoir plusieurs jeux sérieux sur mesure.

 

CONCLUSION

Nous constatons que la question de départ, consiste à savoir si les dispositifs de formation d’un organisme peuvent s’adapter ou être retranscrits sous forme de jeu sérieux. Cette première question sera l’indicateur de départ à mettre en place ou non ce projet. Bien entendu, découleront d’autre interrogations, à savoir si l’organisme de formation possède une équipe pédagogique prête à se lancer dans l’aventure. En effet, en fonction de la stratégie pédagogique choisie le projet nécessitera la collaboration d’un certains nombres d’acteurs. Enfin, ce choix induira comme pour tout projet, la question financière (budget alloué, retour sur investissement…).

En résumé, tout organisme de formation peut mettre du jeu sérieux en place à condition de (liste non-exhaustive) :

  • Sélectionner le module, la séquence qui s’y prêtera
  • Garder en tête que le jeu sérieux est un outil et non un objet de promotion
  • Que le jeu sérieux réponde à une compétence et donc à un objectif pédagogique
  • Posséder les compétences en fonction de la solution choisie (jeu déjà fait, jeu à concevoir, jeu à développer avec du code)
  • Que la personne qui forme connaisse le jeu dans ses moindres détails
  • Qu’il accompagne les apprenants au cours de la séquence de jeu

On ne répétera jamais assez que l’outil doit rester au service de la formation. Utiliser un jeu sérieux dans une activité signifie qu’il répondra à un objectif pédagogique. Dans un prochain article, nous nous intéresserons à la manière de concevoir un jeu sérieux en tentant de proposer une méthode.

En ce qui vous concerne (organismes de formation, responsable pédagogiques, formateurs…), avez-vous passé le cap ? Quels ont été les étapes décisives ? Quels ont été les freins ? Quelle valeur-ajouté avec vous gagné ?

[1] David Michael et Sande Chen, Games That Educate, Train, and Inform. Course Technology PTR, 2005
[2] Source : Wikipédia
[3] Source : http://www.sup-numerique.gouv.fr
[4] Une séquence est le plus petit grain d’un module de formation

Photos : Pixabay

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